Brève description du

Temple Réformé monumental

de Graft-De Rijp

 Après le grand incendie de 1654 le temple réformé de De Rijp a été reconstruit sur les fondements de la vieille église du village. En 1661 on a ajouté un nouveau clocher et ainsi le bâtiment était achevé dans la forme actuelle. Le temple à nef unique a un plan en forme de croix comme beaucoup d'églises villageoises dans la Hollande du Nord.

Bienque construit après la Réforme le bâtiment montre toujours les caractéristiques de l'architec­ture gothique du Moyen-Age finissant. l'Extérieur est assez sobre, d'autant plus qu'à la recontruction après 1654 on a omis le faîtage sur le croisement de la toiture.

Les croisillons ont chacun deux vitraux au lieu d'un seul comme c'est le cas ailleurs dans la région. A côté du temple il y a le cimétière dont le mur est pourvu d'un grillage orné de symboles de la limitation de l'existence (des torches renversées) et de l'infinité de l'au-delà (des serpents qui se mordent la queue).

 

Le clocher

Les murs du clocher sont ornés de niches gothiques. l'Ensemble est couronné d'une flèche au-dessus d'une articulation carrée avec des cadrans. Le clocher d'avant l'incendie de 1654 était bien plus haut, mais les ressources manquaient pour la reconstruction dans la forme originale.

Depuis 1795 la commune est propriétaire du clocher. Dans le temple le clocher est supporté par deux lourdes colonnes rondes à chapiteaux à huit faces.

La partie basse rectangulaire donne sur la nef et constitue en partie le portail où l'on peut voir une cartouche en pierre qui nous mentionne que le 2 mai 1661 Pieter Auwelsz Prins a mis la première pierre du clocher. Au-dessus de ce portaill il y a un petit balcon qui donne également sur la nef et d'où l'on peut monter sur la tour. Des trances on a une vue superbe sur le village de De Rijp et sur les polders qui l'entourent notamment dans la direction du nord. Les deux cloches d'un diamètre de plus 100 cm et le  mécanisme de l'horloge datent de 1663.

 

L'intérieur

L'intérieur du bâtiment forme un espace clair, bien ordonné, couvert d'une voûte en berceau avec de lourds entraits. Les chevrons dans le croisement des voûtes du choeur, de la nef et du transept sont supportés par des consoles ornées de têtes de chérubin.

La clarté de l'espace est déterminée par les murs blanchis à la chaux et surtout par les vitraux dont les vitres malgré les émaillages colorés restent assez transparentes pour laisser pénétrer le jour. Le brun foncé des voûtes, des meubles, des boiseries contraste agréablement avec les murs et les vitraux.

Dans le transept sud se trouvent la chaire, les fonts baptismaux, les bancs dits de baptême entourés d'une grille. L'ensemble date de la deuxième  moitié du dix-septième siècle.

La grille de baptême a des panneaux en plein cintre, des pilastres et des balustres ornés de feuillage et de têtes d'oiseau sculptés. Sur l'une des portes d'entree de la grille on voit les armoiries de De Rijp supportées par deux lions. La chaire hexagonale a été faite par Hendrik Bruno. La partie supérieure en chêne repose sur un socle en pierre orné de feuilles d'acanthe et d'autres sculptures qui représentent e.a. La Foi, L'Espérance, La Charité et La Justice.

Dans la nef il y a quatre bancs, dits seigneuriaux, destinés au collège d'anciens, qui datent également de la deuxième moitié du dix-septième siècle. Leurs couvertures sont supportées par des colonnes cornières en spirale assez curieuses.

 

Le beau pupitre du chantre orné des armoiries de De Rijp, celui du pasteur, le support richement orné des fonts baptismaux, les deux arcs de la grille de baptême avec des têtes de dauphin, les lustres, autant d'ouvrages en cuivre du dix-septième siècle qui raniment  l'intérieur sobre par leur éclat.

Comme beaucoup d'autres églises de la Hollande du Nord celle de De Rijp a son "kerkscheepje", modèle d'un trois-mâts avec sur l'arcasse les armoiries de De Rijp et la date 1696. De tels bateaux étaient donnés par des marins après leur retour d'un voyage dangereux. L'usage date du moyen-âge et se rencontre aussi dans les pays scandinaves. Le sol du temple est en grande partie couvert de dalles funéraires. Jusqu'en 1830 les morts étaient enterrés dans l'église. Après c'était interdit par la loi, mais on a fait exception pour Jan Boon jr., un armateur qui a beaucoup contribué à la prospérité de De Rijp. En 1847 il a été enterré à côté de sa femme décédée en 1826.

Dans le choeur on trouve la pierre tombale du maître-maçon Claes Jacobsz Gorter qui a travaillé à l'agrandissement de la vieille église de 1635 à 1638. Sur la pierre on voit les outils dont il se servait au travail.

 

 

  Bijgewerkt woensdag 19 augustus 2009 11:53